L’affaire Roman Polanksi me met mal à l’aise

La question n’est pas de savoir s’il devait être arrêté, s’il doit être jugé ou condamné. Je n’aime pas le mouvement de défense autour du réalisateur. Comme on pouvait s’y attendre la corporation des cinéastes et artistes est venue le soutenir. La classe politique est aussi venue à son secours.

De la part d’une gauche “bobo” c’est habituel, de la part de l’UMP ça l’est moins. Elle n’en est que plus déplacée et choquante. La déclaration du porte-parole adjoint Dominique Paillé est ainsi à côté de la plaque :

«On nous présente toujours les Etats-Unis comme une très grande démocratie et une sorte de démocratie exemplaire». Or «on découvre aujourd’hui qu’il n’y a pas de prescription pour les crimes et délits dans ce pays. […] C’est à dire que, en quelque sorte, la rémission pour bonne conduite n’existe pas. C’est véritablement très choquant. Une démocratie qui n’admet pas de prescription d’acte délictueux ou criminel est une démocratie malgré tout très particulière».

Celle de Frédéric Mitterrand, ministre et donc s’exprimant au non de la France, est encore plus abjecte :

« On sait les conditions dans lesquelles c’est arrivé, et de la même manière qu’il y a une Amérique généreuse que nous aimons, il y aussi une certaine Amérique qui fait peur, et c’est cette Amérique-là qui vient de nous présenter son visage ».

Oublient-ils que le cinéaste a fui les Etats-Unis en 1978 pour se soustraire à la justice et qu’il n’y est même pas retourné pour recevoir son Oscar ? Oublient-ils les conséquences pour cette gamine ? On ne peut défendre les crimes d’un génie au simple regard de son oeuvre artistique. Sinon tous les meurtriers et pédophiles de France devraient vite se lancer dans l’art et le cinéma.

Amis américains, pardonnez-nous pour une tel aveuglement. S’il avait été inconnu, Roman Polanski n’aurait jamais bénéficié d’un tel soutien. Curieux pays qui fait preuve de plus de sévérité pour le vol d’une chanson par un ado que pour le viol d’une ado par un artiste…

Je laisserai le mot de conclusion à Maître Eolas en reprenant la fin de son billet sur cette affaire et les Etats-Unis :

Tocqueville avait déjà relevé il y a 170 ans, la passion pour l’égalité de ce pays. Elle n’a pas changé. Il est inconcevable là-bas de traiter différemment un justiciable parce qu’il appartiendrait à une aristocratie, fut-elle artistique. Il y a dix ans, l’Amérique a sérieusement envisagé de renverser le président en exercice parce qu’il avait menti sous serment devant un Grand Jury. Quitte à affaiblir durablement l’Exécutif.
Une justice qui n’épargne pas les puissants et les protégés des puissants ? On comprend qu’un ministre de la République française, qui a soigneusement mis son président et ses ministres à l’abri de Thémis, trouve que cette Amérique fait peur.

Fin du coup de gueule !

— Bertrand

Mes 9 erreurs qui m’ont fait empêcher de courir mon premier marathon (et comment les éviter)

Tu le sais, la première saison du podcast t’a fait suivre la préparation de mon premier marathon. Et tu sais que je n’ai pas pu participer au premier marathon auquel j’étais inscrit, celui tombant le jour de mes 42,195 ans.

J’ai beaucoup réfléchi aux raisons qui ont faites que je n’ai pas pu me présenter sur la ligne de départ. J’en ai fait un guide gratuit au format PDF.

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