La moto de ma fille

Ma fille aura bientôt trois ans. Quand nous avons fait la lettre au Père Noël, nous avons pris un catalogue de jouet. Elle a regardé ce qui lui faisait envie pour qu’on découpe les jouets et les collent sur une feuille.

Et à un moment elle est tombée sur une moto. Cette moto n’a rien de spécial. Elle est rose, elle a trois roues, elle fait du bruit. Elle ne l’a jamais vue. Elle est différente des petites motos en plastique de la crèche.

Et à partir de ce jour-là elle s’est mise à parler de sa moto quasiment chaque jour. Cette moto et son ardoise magique. Et donc elle s’est racontée cette histoire comme quoi le Père Noël allait lui apporter cette moto.

De notre côté nous ne sommes pas fan de cette moto. Elle ne peut pas la faire rouler dans la maison et n’est pas vraiment adaptée à l’extérieur. Et puis surtout c’est dommage de la mettre sur une moto qui ne travaille pas l’équilibre alors qu’elle maitrise maintenant très bien sa draisienne et donc l’équilibre à deux roues.

Donc il n’y avait pas de moto sous le sapin, enfin les différents sapins de la famille. Mais il y avait une ardoise magique.

Ma fille a été gâtée, mais dès qu’elle a ouvert le premier paquet elle a ressenti une frustration. « Elle est où la moto ? » Frustration qui augmentait au fil de l’ouverture du premier sapin puis du second. « Tu es contente ? Oui mais j’ai pas eu ma moto. » « Elle te plait ton ardoise magique ? Mais j’ai pas ma moto. » disait-elle en boudant.

Les mots conditionnent notre esprit

Voilà où je veux en venir. Ce « Oui mais ». Nous le connaissons tous, nous l’utilisons trop souvent, nous devons le bannir dans de nombreux cas.

Le mais est une conjonction qui sert généralement à marquer une opposition, une exception, une différence. Cette conjonction permet aussi de faire la liaison entre deux idées.

Et cette conjonction a une caractéristique : elle annule tout ce qui se situe avant.

Autrement dit, tout ce qui était avant le mais n’existe plus et est annulé pour faire place à ce qui le suit. Voici quelques exemples parlant :

  • « Je suis contente de mes cadeaux mais j’aurais voulu une moto. »
  • « J’ai fait une belle course mais j’aurai pu aller plus vite à la fin. »
  • « Tu as eu des bonnes notes partout mais tu aurais pu mieux faire en géographie. »

Le « Oui mais » est donc une source d’insatisfaction permanente. Il pointe notre frustration. Il annule les bonnes choses. Il sabote la bonne humeur. Et nous pouvons le vivre tous. Y compris devant les cadeaux que nous avons reçu.

Cette conjonction conditionne notre état d’esprit. Les mots ne reflètent pas seulement notre état d’esprit. Ils le façonnent.

Le « oui mais tu aurais pu faire mieux » entendu dans la bouche de ses parents amène tout droit au perfectionnisme. Il vaudrait mieux un « oui tu as eu des bonnes notes et en travaillant plus ta géographie tu aurais pu faire aussi bien dans cette matière. »

Et ces mots ont un pouvoir sur les autres mais aussi sur nous. Car nous pouvons les utiliser pour nous saboter ou nous dévaluer : « Oui mon gâteau est super bon bon mais tout le mérite revient à la recette. » Ne serait-il pas mieux de dire « Oui mon gâteau était super bon et je vais garder la recette pour le refaire » ?

Voilà pourquoi nous devons bannir le « Oui mais » le plus possible.

Oui mais alors il ne peut pas être utile ce mais ?

En fait « le oui mais » est quand même pratique. Voilà pourquoi j’ai dit « dans de nombreux cas » ou « le plus possible ». Nous pouvons utiliser sa capacité d’annuler tout ce qui se situe avant.

Et c’est une technique très utilisée en copywriting notamment car elle permet de marquer une rupture quand on souhaite vendre du positif et un changement. Voici quelques exemples :

  • « Oui l’année 2020 a été difficile mais vous pouvez construire une belle année 2021. »
  • « Oui créer du contenu est difficile mais je vais vous dévoiler une méthode qui simplifie le processus. »
  • « Oui je ne sais pas vendre mais je progresse. »

Autrement dit il permet de marquer le passage d’un point A à un point B. D’une situation que je n’apprécie pas à une situation désirée et voulue. Donc oui nous pouvons l’utiliser.

Et au lieu de l’utiliser pour annuler une bonne chose pour faire place à la mauvaise, nous annulons la mauvaise chose pour faire place à la bonne.

J’ai dit que c’était utile en vente mais c’est aussi utile pour façonner notre état d’esprit. Nous le tournons vers l’amélioration au lieu de nous laisser aller à la frustration.

Et en structurant encore un peu plus les choses, nous pouvons même le transformer en guide qui nous montre le chemin à suivre :

  • « Oui créer du contenu est difficile mais je vais vous dévoiler une méthode qui simplifie le processus en vous aidant à vous focaliser sur le vrai problème. »
  • « Oui je ne sais pas vendre mais je progresse en faisant des textes de vente tous les jours. »
  • « Oui je cours doucement mais je peux courir longtemps en travaillant mon endurance. »

Et maintenant je fais quoi ?

Avoir cette réflexion sur les mots que nous utilisons est un premier pas important à faire. Observez-vous. Ecoutez-vous. Lisez vos textes. Vous remarquerez assez vite comment ces mots peuvent venir s’inscrire dans votre langage et dans vos actions.

Maintenant relisez une seconde fois ce texte. Vous devrez remarquer un autre petit mot qui s’est glissé un peu partout. Et vous l’avez ? C’est une autre conjonction. C’est le « Et ».

Lui aussi très utile. Je vous en reparlerai prochainement. Promis.

— Bertrand

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