105. Progresser en devenant un coureur Toltèque

Dans cet épisode de KM42 j’adapte les fameux Quatre accords toltèques à notre pratique sportive.

Ce livre est une référence dans le développement personnel. Et cette vision s’applique aussi à notre pratique sportive et à la course à pied. C’est ce que je souhaite vous montrer dans cet épisode.

C’est quoi les Accords Toltèques ?

Le livre Les Accords Toltèques est un succès mondial. Depuis sa parution en 1997, il a été traduit dans près de 50 langues et vendu à des millions d’exemplaires. C’est devenu un livre référence dans le développement personnel.

Son auteur Don Miguel Ruiz est un enseignant mexicain. Il est le fils d’une guérisseuse et d’un nagual (chaman qui se définit comme mi-homme, mi-animal). Lui-même est un nagual.

Les naguals ont transmis les enseignements de la civilisation toltèque qui a connu son apogée entre 900 et 1168 de notre ère. Les toltèques sont à l’origine du fameux serpent à plumes Quetzalcoatl. Au cœur du Mexique, les Toltèques ont développé une véritable philosophie de vie fondée sur le développement de la conscience, la transformation de soi et la compréhension de la loi d’Amour.

Les accords toltèques se veulent la quintessence des enseignements des chamans pour retrouver une vie équilibrée.

Le principe des Accords Toltèques

Nous avons tous inconsciemment conclu des accords avec nos parents et les adultes qui nous entouraient quand nous étions enfants. Nous avons accepté les étiquettes qui nous ont été collées dessus : tu es gros, moche, bête, lent, nul en maths, tu n’y arriveras jamais, tu n’es pas sportif…

Ces jugements des adultes sont devenus les nôtres. Nous les avons intégrés et nous agissons pour être en accord avec ces étiquettes. Le problème de ces accords c’est qu’ils sont pour la plupart négatifs.

Miguel Ruiz propose de les remplacer par 4 nouveaux accords positif et harmonieux. Le but est de briser et remplacer les anciens.

Comment appliquer les accords toltèques au sport ?

Les Accords Toltèques s’appliquent dans notre vie et nos relations avec les autres. Je vous propose moi de voir comment nous pouvons les décliner dans le sport.

Accord 1 : « Que ta parole soit impeccable »

Cet accord pose la question de l’impact de notre parole. Les mots sont à double tranchant. Ils peuvent être positifs ou négatifs. Et c’est le cas pour ce que nous disons aux autres (critiques, potins, ragots…) mais aussi envers nous.

Le but de cet accord est ainsi de changer notre dialogue interne. Comment je m’adresse à moi-même ? Qu’est-ce que je me raconte en permanence ?

Chaque jour, des milliers de pensées subies nous assaillent, issues des profondeurs de notre inconscient (instinct, pulsions, émotions, envies, peurs, regrets, etc).

Ce dialogue interne est souvent négatif. Mon parcours sportif et les premiers épisodes de ce podcast sont remplis de pensées limitantes : je ne vais jamais arriver à courir ce trail, je ne suis pas capable de faire un marathon, je suis un coureur lent, je ne suis pas un athlète…

Nous avons tous en tête ce type de paroles. Combien de fois vous êtes-vous dit « Je n’arriverai jamais à courir, perdre du poids, faire du sport ? »

Il faut apprendre à ne pas utiliser les mots comme une arme. Il faut s’entraîner à avoir une parole positive envers les autres, notamment sur les réseaux sociaux, et envers nous.

Et il faut aussi apprendre à se taire. Ce qui nous amène aussi à la méditation pour observer toutes ces pensées qui sont en nous en permanence.

Accord 2 : « Quoiqu’il arrive n’en fait pas une affaire personnelle »

Autrement dit, il ne faut pas prendre les choses personnellement et sortir de la réaction permanente. Un rien nous vexe, nous fâche ou nous contrarie. Les réseaux sociaux sont le monde de l’indignation permanente. Il y a deux grandes clés de compréhension.

Clé 1 : nous servons de projection aux autres

Ils ne nous voient pas réellement, ils projettent sur nous leurs peurs, leurs envies, leurs attentes et bien entendu leur histoire personnelle qui a façonné leur vision du monde.

C’est ce qui donne des petites phrases comme :

  • Ne cours pas autant tu te vas te blesser
  • Tu t’épuises à faire du sport ainsi
  • 6h pour faire un marathon ce n’est pas courir !
  • A quoi ça sert de courir tu ne vas jamais gagner ta course (phrase qu’on peut aussi avoir en dialogue interne)
  • Reste au chaud tu vas être malade

De plus, celui qui nous idéalise se voit peut-être comme un moins que rien. Celui qui nous critique se voit souvent comme plus beau qu’il ne l’est

Clé 2 : si l’opinion de l’autre me fait réagir c’est que je porte un jugement similaire sur moi-même

Si une parole de quelqu’un a autant d’impact c’est que finalement elle est en accord avec ce que nous pensons et notre dialogue interne.

Des petites remarques comme « tu cours lentement finalement » ou « tu penses vraiment que tu peux y arriver ? » font écho avec nos propres doutes. Si nous réagissons c’est que nous nous voyons nous aussi ainsi.

Nous devons donc nous créer un bouclier de protection. Il repoussera ces paroles.

Il faut d’abord comprendre pourquoi ça nous fait réagir. Mais aussi de comprendre pourquoi on nous dit ça. Ce qui passe par une phase de dialogue. Et puis aussi de demande de conseils et d’aide. « Tu penses que je me prépare mal ? Alors dis-moi comment je peux faire. » Il est aussi possible d’utiliser ces phrases comme des éléments de motivation.

Il faut surtout accepter que chacun a ses propres raisons d’agir comme il le fait. Nous comme les autres. Nous pouvons vouloir courir lentement car nous préférons prendre du plaisir en endurance fondamentale, car nous sommes dans une phase de reprise, car nous préparons une course longue, car c’est notre bonheur, car l’important est de courir… Et nous en avons le droit.

La protection passe par la confiance en soi, l’estime de soi et le respect de soi. Ce n’est pas facile car justement ces éléments sont souvent branlants. Alors nous pouvons les renforcer par le sport et les objectifs que nous atteignons.

Nous devons donc nous fixer des objectifs stimulants mais atteignables, découper les grands objectifs en étapes et fêter les jalons et les petites victoires.

Par exemple, mon objectif Ironman 2023 est trop lointain et gigantesque à cet instant. Mais je dois découper ce projet en étapes : nager 1km, puis 2km sans arrêt, faire 25km, 50km, 100km en vélo, faire un petit triathlon, puis un plus grand…

Enfin, ces opinions peuvent être verbales, mais nous savons que nous réagissons souvent à d’autres éléments dans notre environnement. C’est ce qui m’amène à l’accord suivant.

Accord 3 : « Ne fais pas de supposition »

Nous passons notre temps à nous raconter des histoires et y croire. Ces histoires se créent en fonction de ce qu’on nous dit mais aussi ce que l’on observe ou ce que l’on pense être.

J’ai supposé pendant un temps que je ne pouvais pas m’inscrire en club : Je suis trop vieux, ils ne vont pas m’accepter, se moquer de moi, je vais être le dernier…

Mais peut-être avez-vous déjà supposé des choses comme :

  • Je ne peux pas aller courir sur la piste car c’est réservé aux vrais coureurs
  • Il a l’air d’un vrai coureur
  • On me regarde bizarrement quand je cours

Il faut surveiller cette attitude et la contrer systématiquement. Là encore le premier outil est le dialogue et la communication avec les autres.

Le deuxième outil est de faire d’autres suppositions. Car généralement nous ne faisons qu’une seule supposition, une histoire unique. Elle devient logique et donc forcément vrai.

Il faut donc refuser la supposition unique qui est souvent fausse, négative pour nous et nous place souvent en position de victime. Il faut donc se forcer à faire d’autres suppositions pour bien intégrer que toutes ces suppositions ne peuvent être vraies en même temps.

J’ai déjà raconté cette histoire vécue lors de mon dernier trail anniversaire.

Un « papi » me rattrape dans la dernière dans la dernière ligne droite en montée. J’essaie d’accélérer mais il me double et arrive 200m devant moi. Bien entendu j’ai supposé que j’étais nul.

Mais j’aurais aussi pu supposer qu’il était en fait un coureur très rapide, un ancien champion, qu’il était parti volontairement doucement pour gérer ses réserves, qu’il court en fait d’habitude des ultra… Et surtout j’aurai dû discuter avec lui pour savoir comment il a mieux géré cette fin de course.

Accord 4 : « Fais toujours de ton mieux »

L’idée de cet accord est de s’imposer une exigence de qualité sans aller vers les perfectionnisme. Ce n’est pas tout réussir mais agir “au mieux” en fonction des circonstances et de mes moyens du moment.

Nous devons donc évaluer ce dont nous sommes capables au jour le jour. Nos capacités à courir d’une certaine manière sont implantées par notre santé, notre fatigue, notre énergie du moment, la vie de famille, le travail, nos repas…

Nous devons donc viser ce mieux possible en évitant d’en faire moins mais aussi de vouloir en faire trop. Il faut par exemple nous méfier des entraînements où nous nous sentons tellement bien qu’on allonge et accélère plus que d’habitude. Un sujet dont nous avions parlé avec Pascal Neveux mais aussi Bruno Heubi.

Dans mon parcours de coureur j’ai souvent eu à gérer ces moments-là. Quelques exemples :

  • reprise après une pause volontaire ou forcée : les jambes frétillent mais nous avons perdu en capacité. Ce fut le cas après le confinement.
  • préparation de mon premier marathon : je me blesse en voulant trop bien faire. Je fais trop de volume, j’impose trop de stress mécanique à mon corps, je me blesse.

Cet accord est essentiel. Pour nous sportifs il ne se limite pas à l’entraînement. Nous pouvons l’appliquer aussi dans tout ce que l’on va appeler l’entraînement invisible : repas, sommeil, renforcement, musculation, repos… Cet accord est aussi important quand nous choisissons les défis que nous nous lançons.

Et cet accord s’applique aussi à notre volonté d’appliquer les trois premiers. Le but est de faire notre mieux pour appliquer les autres accords.

Conclusion

Je suis sûr qu’à la lecture de cet article et l’écoute de l’épisode vous avez de nombreux exemples dans lesquels vous auriez pu vous accorder différemment. Je vous encourage à observer maintenant votre quotidien de sportif et coureur pour identifier ces moments où vous pouvez ré-accorder pour mieux les vivres.

 

Mes 9 erreurs qui m’ont fait empêcher de courir mon premier marathon (et comment les éviter)

Tu le sais, la première saison du podcast t’a fait suivre la préparation de mon premier marathon. Et tu sais que je n’ai pas pu participer au premier marathon auquel j’étais inscrit, celui tombant le jour de mes 42,195 ans.

J’ai beaucoup réfléchi aux raisons qui ont faites que je n’ai pas pu me présenter sur la ligne de départ. J’en ai fait un guide gratuit au format PDF.

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