La Nuit du Diable : un trail qui se mérite !

Cela fait un bout de temps que je n’ai pas fait de compte-rendu de mes courses. Mais celle courue hier soir mérite bien un petit bilan.

Le Roc du Diable est un trail organisé à Châtel-Guyon. Il y a plusieurs courses. Le 13km le dimanche et ceux en nocturne de la Nuit du diable le samedi soir, 11km et 19km. C’est cette dernière que j’ai courue.

Je n’étais pas vraiment parti pour faire cette course, mais certains coéquipiers du club de running avaient décidé de s’inscrire. On a donc fait voiture commune. Nous voilà donc au casino de Châtel-Guyon pour récupérer nos dossards autour de 18h. Il ne fait pas très chaud, il pleut, mais le moral est bon. Je pars avec le bonnet, trois épaisseurs dont une contre la pluie, un pantalon court, des gants qui me seront fort utiles plus tard.

Côté équipement, ma frontale était chargée à bloc, j’avais opté pour le sac avec la poche d’eau, mais aussi une petite flasque souple de 25cl avec une boisson d’effort. Côté alimentation, j’avais pris deux petites pâtes de fruit d’effort pour manger en alternance : une pour donner de l’énergie sur le long terme et une pour donner un coup de pouce.

Après un petit échauffement, direction le briefing de course. L’organisateur prend le micro et annonce la couleur ! Sur le site il annonçait « de la sauvagerie à l’état pur pendant 4 kms qui vont entamer sérieusement les organismes. » Il confirme. Les organisateurs ne veulent pas forcément faire le trail le plus difficile de la région, mais comme ils font du raid aventure, ils placent la barre assez haut dans l’exploitation maximale du terrain.

Bref, l’organisateur prévient, ça va être dur surtout avec le sol gras et la pluie. Et puis il ajoute un détail important. Ils ont fixé une limite horaire de passage au ravitaillement à 12,5km : 2h05. Sur le coup, la limite semble facile à passer, mais les organisateurs préviennent, tout le monde ne la passera pas. Oups !

Premiers kilomètres

Nos voilà donc partis sur le coup de 19h. Les organisateurs balancent la musique, des fumigènes sont allumés dans les rues il y a des spectateurs pour applaudir. C’est parti !

Les premiers kilomètres se passent bien. J’ai les jambes qui fonctionnent bien. Avec l’emballement du dossard, du groupe et de la foule, nous partons assez vite. Mais tout va bien. La partie dans les rues se fait sans encombre puis on attaque les chemins.

Franchement ça grimpe, mais tout va bien, j’ai même un peu chaud. On a un bon rythme pour prendre de l’avance sur la barrière horaire et éviter l’encombrement quand les chemins vont se resserrer. Je marche quand c’est le plus raide, j’accélère dans le plat et la descente. Les premiers 7 ou 8 km se font sans encombre.

On quitte les chemins

Le parcours du 11km et du 19km est commun jusque là. Mais les organisateurs avaient prévenu. Juste après la séparation, on rentrerait dans le vif du sujet niveau difficulté pour le 19km. Mais là encore ils avaient prévenu sur le site : « Au kilomètre 8 qui verra les coureurs du 11 kms rejoindre le parc par un joli sentier en fond de vallon, ceux du 19 oublieront un certain temps (voire un temps certain) ce qu’est un chemin. »

Et franchement il n’avait pas menti. Quelques mètres après la bifurcation le terrain a totalement changé. Cela commençait par une bonne grimpette le long d’une rivière puis d’une cascade. Ça glisse et les organisateurs ont posé des cordes. Au passage, il faut vraiment féliciter l’organisation : balisage au top, des bénévoles tout le long super sympas avec toujours un petit mot.

Mais revenons à la course. Ce premier passage difficile n’est que le début de l’enchaînement de montées dans la forêt très humide, passage de rivières, « escalade » de rochers, slalom entre les racines d’arbres et les caillasses… et même plus tard traversée à 4 pattes d’un tuyau de canalisation.

Je ne regarde alors plus vraiment la moyenne horaire, mais le temps qui tourne. Le 4e kilomètre faisait 143m de dénivelé à lui tout seul et il m’avait fallu 12 minutes pour le courir. Mais il me faudra plus de 15 minutes pour faire le 10e kilomètre avec 63m de dénivelé !

La fameuse barrière horaire !

D’un coup la fameuse barrière horaire me semble de plus en plus difficile à atteindre. Je tente de faire quelques calculs. Il me reste à un moment 2,5 km à faire en 40 minutes environ. C’est normalement facile. Mais pas sur un terrain aussi pentu et gras et surtout s’il faut plus de 10 minutes pour faire un kilomètre. Plus j’avance et plus je me demande si ça va passer.

Mais en même temps je me rassure en courant et en accélérant un peu la cadence quand le chemin s’élargit un peu. Finalement je pense la barrière horaire du ravitaillement avec une vingtaine de minutes d’avance. Ouf ! Je fête ça avec un petit apéro, quelques cacahuètes et un peu de coca.

Comme saoulé !

Mais il reste alors environ 7km à faire et les organisateurs n’ont pas fini de nous réserver des surprises. Les descentes sont raides, glissantes et truffées de branches. Il y a aussi pas mal de grosses caillasses et je me retrouve une fois sur le cul.

Avec la fine pluie, un peu de brouillard, le terrain glissant, les difficultés parfois à voir où poser les pieds avec la frontale qui ne donne pas une lumière stable, je suis comme saoulé à ne plus vraiment savoir ou mettre les pieds.

Mais il reste surtout à remonter au-dessus d’Enval. Un gros rocher bien abrupt. Je fais le 15e kilomètre avec 102m de dénivelé en 17 minutes ! C’était la dernière grosse difficulté.

Un beau plongeon

Il restait alors à redescendre vers Châtel-Guyon. La descente dans la forêt est chouette. Certes ça glisse et ça descend raide par moment, mais c’est sympa.

Je manque cependant de repères sur ma vitesse car nous retrouvons ceux qui n’ont pas réussi à passer la barrière horaire du ravitaillement. Les organisateurs leur ont fait prendre un autre chemin plus court. Et c’est un peu perturbant. Je me retrouve avec des coureurs plus frais qui déboulent dans la descente, mais qui sont aussi bien moins rapides dès que ça regrimpe un peu ou que c’est plat.

Et puis je dois le dire, je commence à en avoir aussi un peu plein les bottes. Cela fait maintenant un bout de temps que le passage des rivières a alourdi mes chaussures et avec la fatigue je suis moins stable et je lève probablement bien moins les pieds.

Alors ce qui devait arriva : une belle descente, un peu de vitesse, une racine au milieu du chemin, et un bon plongeon façon Superman. Je m’écrase de tout mon long dans la forêt. Le temps de comprendre, je vérifie mon état. Je suis juste un peu plus sale, mais tout va bien.

Fier de l’avoir fait

Je peux repartir de plus belle et curieusement ça me donne un coup de fouet. A ce moment, j’ai été rejoint par une fille qui n’arrête pas de crier des « allez tout va bien, on finit à fond… » Elle me saoule clairement alors j’accélère pour m’en débarrasser !

La fin du parcours me parait d’ailleurs facile et je retrouve même de l’énergie quand je vois les lumières de la civilisation se rapprochaient. Je me sens même curieusement assez frais et j’accélère un peu jusqu’à la ligne d’arrivée.

Ce fut une belle course. Le Diable est fidèle à sa réputation et le finir mérite des efforts ! Oui j’en ai bien chié, mais j’avais le sourire à la fin et c’est pour moi vous le savez l’indicateur ultime après une course.

Mon grand sourire à l’arrivée de la Nuit du Diable ! Mon principal indicateur pour le running c’est le sourire à l’arrivée d’un entraînement et d’une course. Je ne cours plus pour perdre du poids mais parce que j’aime ça. Je fais des courses pour la motivation, les objectifs, et parce que j’aime ça. Aussi, tant qu’il y a le sourire et le plaisir tout va bien. Et voilà donc mon sourire après en avoir bavé pendant 19km dans la terre, l’eau, le vent, la pluie et surtout la nuit avec un départ à 19h. Fidèle à sa réputation de trail difficile, la Nuit du Diable se mérite. J’ai même testé mes capacités d’atterrissage sur le fessier et je me suis entraîné à voler façon Superman avec l’aide d’une petite racine bien planquée. Je me suis étalé de tout mon long mais je suis reparti aussi vite, je peux pas dire sec car j’ai fini trempé. Oui c’était difficile mais j’ai pris plus beaucoup de plaisir sur ce trail. Ce matin j’ai mal aux jambes, un peu au talon, mais j’ai toujours le sourire. Et j’ai toujours le dimanche pour me reposer ???? PS : compte-rendu complet sur mon #blogdemec (le lien est dans la bio) #instarun #instarunfrance #runinfrance #runforfun #run #worldrunners #courseapied #trail #trailrunning #courir #runningaddict #runner #runaddict #course #auvergne #bertrandfit #activre #cyberbougnatrunningclub

Une publication partagée par Bertrand • MonBlogdeMec (@bertrandsoulier) le

Une dernière course pour finir l’année ?

Bon ensuite il a fallu se rendre à l’évidence, j’ai mal aux jambes et j’ai eu du mal à grimper les escaliers à la maison en rentrant. Mais après 19km, 997m de dénivelé et 2h46 d’effort je crois que c’est bien normal ! Je me suis aussi endormi rapidement, mais j’ai très mal dormi. Bizarre !

Et la suite ? J’ai revu profondément mon calendrier de courses établi en début d’année. J’en ai supprimé, j’en ai ajouté. Mais je pense que cette Nuit du Diable était ma dernière ou avant-dernière course de l’année.

Déjà, je vais souffler. C’était mon troisième week-end de course consécutif et la semaine prochaine sera donc plus calme sur ce plan. J’ai clairement besoin de repos pour digérer les entraînements avec le club, la fatigue d’un mois de travail assez dense et d’un sommeil pas terrible. Et puis j’ai quelques travaux à finir dans la maison. Je me suis attaqué à la cour.

Je me questionne cependant sur une éventuelle participation au cross de Volvic dans 15 jours. Il me resterait aussi à faire la festive course de la Nuit de la Saint-Sylvestre en Noël et le Nouvel An, mais cela dépendra aussi de comment se sent ma petite femme. Nous serons alors à une quinzaine de jours de l’arrivée de bébé

— Bertrand

Mes 9 erreurs qui m’ont fait empêcher de courir mon premier marathon (et comment les éviter)

Tu le sais, la première saison du podcast t’a fait suivre la préparation de mon premier marathon. Et tu sais que je n’ai pas pu participer au premier marathon auquel j’étais inscrit, celui tombant le jour de mes 42,195 ans.

J’ai beaucoup réfléchi aux raisons qui ont faites que je n’ai pas pu me présenter sur la ligne de départ. J’en ai fait un guide gratuit au format PDF.

Télécharge le guide

0 comments… add one

Laisser un commentaire